AGIR POUR LE VIVANT #6

RETOUR SUR LA DERNIERE EDITION

Plusieurs semaines se sont écoulées depuis la 6ème édition arlésienne d’Agir pour le vivant; l’occasion de revenir sur ses principaux enseignements. 

L’intention était claire : affirmer que la seule écologie politique pertinente en 2025 est intersectionnelle et radicale. Intersectionnelle pour ne pas reproduire sans mot dire ce qu’elle prétend combattre : la destruction de nos liens. Radicale car face à la fuite en avant d’un capitalisme autoritaire et répressif, la modération ne produit rien. Nous sommes heureux.ses d’avoir pu profiter de ces quelques jours pour réfléchir ensemble aux articulations stratégiques et analytiques avec les luttes féministes, queers, anti-racistes, anti-impérialistes, décoloniales. Toutes ont en commun de rejeter viscéralement la stratégie mortifère qui sauve une partie des vivants au détriment du sacrifice des autres, quels que soient les critères choisis pour opérer ce tri. Toutes nomment les causes profondes du ravage planétaire qui relient le génocide à Gaza à la sixième extinction de masse. Seul un projet politique qui ne se construise pas sur les ruines du vivant a une chance d’emporter une réelle adhésion populaire – sans tomber dans le piège de ne produire qu’un simple programme de protection des écosystèmes porteur de violences sociales.

Nous sommes reconnaissant.e.s des paroles échangées. Les nouveaux formats de cette édition – au sein des ateliers, des résidences, de l’Université du vivant et sur la place Nina Berberova – ont été propices aux rencontres, aux discussions prolongées et, cette année particulièrement, à l’accueil des retours critiques.

Agir pour le vivant est un espace de penser-ensemble et nous sommes convaincu.e.s que c’est par la capacité à ne pas détourner le regard face aux critiques ainsi qu’à transformer l’inconfort en élan de progression collective que nous achevons logiquement le geste initial de création de ce festival. ⁠

Beaucoup de questions ont été soulevées  : les formes figées de la culture ainsi que les structures événementielles qui empêchent la co-construction et le partage véritable du pouvoir de donner la parole, la complexité de nos dépendances économiques et techniques à un monde que nous tâchons tout de même de critiquer, sans trop de compromis analytiques, le risque toujours présent de reproduire des violences systémiques jusqu’au coeur des intentions les plus louables et des mouvements militants, ainsi que celui de neutraliser la critique par son lieu d’énonciation. 

Nous avons toustes des efforts considérables à faire sur ces enjeux – Agir pour le vivant n’est pas une exception à la règle – nous en sommes bien conscient.e.s et allons continuer d’en faire le sujet des éditions à venir. 

Beaucoup d’autres questions n’ont cependant pas été abordées et restent à penser : l’importance des endroits de relais pour une pensée critique. La possibilité même de l’intégrité morale et éthique dans un monde où la pureté ne semble pas être un prisme analytique très fertile, les inégalités d’accès à la parole publique.

Tant de questions fondamentales en cette époque où le refus radical des compromis est nécessaire pour sortir du règne du réformisme mou, mais ne doit pas être confondu avec la destruction d’un front commun qui condamne à l’impuissance politique, voire à la victoire politique du pire. Tant de questions auxquelles nous allons continuer de méditer sérieusement pour construire la suite.

Un immense merci à toutes les personnes qui ont permis cette sixième édition, aux intervenant.e.s dont les travaux ont permis les déplacements nécessaires à l’élaboration de ce programme et à celleux qui sont venu.e.s en parler, à toutes les équipes techniques et aux bénévoles, aux partenaires fidèles d’Agir pour le vivant, aux ami.e.s venu.e.s en soutien et au public venu enrichir les échanges de leurs paroles.

POUR CONSTRUIRE UNE ÉCOLOGIE POLITIQUE INCLUSIVE

Qui sommes-nous ?

Agir pour le vivant est un festival qui rassemble un écosystème de penseur·euses, de militant·es, d’acteurs publics, de scientifiques et d’entreprises autour d’une constellation de thématiques liées aux enjeux socio-environnementaux dans toute leur complexité.

L’évènement a lieu chaque année, fin août, à Arles et se déroule également à l’international en Colombie et au Cameroun. 

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